Un monde pour Stella, de Gilles Boyer

Publié en 2015, Un monde pour Stella est considéré comme le « grand roman de la Terre ». À travers le personnage d’Esther Andersen, Gilles Boyer nous présente la Terre en 2045, touchée par les dérèglements climatiques croissants, ainsi que les problèmes économiques et sociales. Puisque le monde est en danger critique, Esther Andersen devra œuvrer pour une meilleure gouvernance mondiale.

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Une femme, un destin.

Le roman de Gilles Boyer relate l’histoire de Esther Andersen, une économiste danoise spécialiste du développement durable. La jeune femme parcourt le globe à la demande des chefs d’État américain et chinois. Sa mission : réfléchir à la configuration d’une nouvelle organisation mondiale, axée sur la préservation de la planète et la survie de l’homme. Esther accepte la lourde tâche qui lui est confiée, et part à la rencontre de spécialistes de l’air, de la terre, de l’eau et du feu. Le lecteur fait alors face à de longs discours savants. Même si les informations techniques peuvent s’étaler longuement sur plusieurs pages, elles n’en restent pas moins captivantes et convaincantes, et sont essentielles à la compréhension des dangers et des enjeux planétaires. L’auteur partage à la fin de son œuvre une bibliographie considérable. Nous devinons les longues recherches effectuées, et le sérieux des données énoncées dans le récit.
Ce n’est pas seulement, néanmoins, le destin de notre planète bleue qui est exposé dans cet ouvrage, mais le destin d’une femme, Esther Andersen, jeune économiste et professeure à l’Université d’Harvard. Une femme, déjà membre d’une association importante, OnePlanet, dont l’objectif est de sauvegarder la terre et ses habitants. Une femme qui part seule à l’aventure, qui explore la forêt amazonienne meurtrie par l’avidité de l’homme, les rues surpeuplées de Lagos, ou encore les grandes étendues désertiques du Sahel, dans le but de répertorier et comprendre les problèmes fondamentaux de l’être humain et de sa demeure menacée.
Au cours de son périple, Esther écrit à sa fille de treize ans prénommée Stella. C’est ainsi que nous découvrons au fil de ses lettres, la vie de mère de la jeune danoise. Le lecteur partage les sentiments de l’héroïne, ses craintes, ses appréhensions, ses colères, ses joies… Le portrait du personnage principal se tisse progressivement. Nous nous insinuons dans sa sphère privée, dans son « moi intérieur », et entrevoyons son touchant passé …
Un monde pour Stella se concentre donc sur une personne en particulier. Le récit retrace la vie d’une femme qui tente de « réformer » le monde, tout comme elle essaye de refaire sa propre vie. L’auteur dévoile la manière dont le destin d’une seule femme peut changer le destin du monde.

Une vision du futur ?

Le récit se déroule en 2045, au moment où l’homme fait face à des catastrophes écologiques, économiques et sociales de grande ampleur. Les États-Unis et la Chine, les deux pays les plus puissants du monde à cette époque, s’allient afin de réfléchir à une gouvernance mondiale nouvelle. Les chefs d’État envisagent un monde géré par tous, un monde dans lequel les pays seraient unis pour le bien des peuples et de la planète. De nouvelles règles internationales sont pensées pour la survie de l’Humanité.
Il est intéressant de constater une prise de conscience réelle de la part des politiques. Cet engagement, cependant, prend forme à un moment critique. C’est, en effet, au moment où l’on constate que la race humaine court à sa perte, que les décisions concrètes sont prises.
L’auteur propose donc ici une critique de nos politiques actuelles, n’œuvrant aucunement pour l’avenir de la terre malgré les alertes, étouffées, des scientifiques.
La vision d’un monde solidaire est porteuse d’espoir. Il s’agit d’une œuvre dans laquelle politiques et scientifiques s’associent pour des actions tangibles. Mais une ombre plane tout de même sur ce projet ambitieux. Cette histoire ne représente pas une utopie. Elle montre la difficulté pour l’homme de s’unir de manière universelle et de construire la société de demain, plus respectueuse à la fois des individus et de l’environnement.
Entre pression provoquée par le manque de temps, hypocrisie et fourberie politique, Esther Andersen devra persévérer pour sa fille, pour le peuple, pour la Terre.

 

Un monde pour Stella vaut donc bien son surnom de « grand roman de la Terre ». Gilles Boyer nous invite à nous interroger sur l’avenir de notre planète, à remettre en question les actes de l’Humanité. Si personne ne prend l’initiative d’agir véritablement, que nous restera-t-il demain ? Quel avenir est prévu pour les générations suivantes ?
Si le projet énoncé dans cet ouvrage semble idéaliste le message n’en reste pas moins porteur d’espoir. C’est en étant solidaire qu’un avenir commun et durable pourra être construit.

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